Sunday, February 18, 2007

Gristown

Aujourd’hui, j’ai fait un rêve éveillé. J’ai pensé à une ville moyenne qui se trouve quelque part. Elle se nomme Gristown. Ses habitants y déambulent, inexpressifs, et ne communiquent jamais entre eux, sauf quand ils doivent remplir un formulaire d’assurance et le faire valider. On y parle officiellement la plainte, voire la complainte, mais l’anglais y est aussi parfois entendu. Depuis 1974, on peut lire à la une de l’unique quotidien de cette cité, L’Apocalypse, « Il ne se passe rien» avec la photo d’un nuage (parfois, comme le jour de la fête nationale, on la change pour celle d’un caillou).
Il existe en tout 5 prénoms, que l’on pourrait traduire par Misère, Pourquoi? et Désoeuvrement chez les garçons et Erreur et Fatalité chez les filles. Quiconque tente de se soustraire à ce monopole nominal verra son enfant privé de prénom jusqu’à ce que le maire, un ancien abatteur de volaille, change d’avis. Cela peut parfois prendre du temps. À défaut de pouvoir recevoir les jeux olympiques à chaque année, voire 4, la ville organise de géantes séances d’auto flagellation où les participants ont le droit de troquer le fouet pour un grappin à clous usées fourni par la municipalité et ce, pour l’équivalent d’un mois de salaire en argent. À part ça, il ne se passe rien à Gristown.

S.

3 comments:

Elfassi said...

Ton peuple de gristown semble s'être mélangé entre masochisme, vide existentiel et questionnement nominal...mais très drôle quand même.

Unknown said...

J'adore!
Quand est-ce qu'on tourne le film? Je verrai bien Argento en réalisateur, et Bacri dans le role principal

P-O Grabuge said...

C'est vrai que Bacri y serait parfait. Et Bill Murray pour le remake que les Américains ne manqueront pas de faire.