Mon père, après avoir fait le pître à l'école primaire (à Paris) dans un de ses cours, a subi ce châtiment: Le prof l'a pris par les cheveux et lui a fait faire le tour de la classe dans cette position souffrante et humiliante. Quand il est revenu à son bureau, ses cheveux tombaient pas dizaines sur son cahier, comme il me l'a raconté plus tard.
Ma mère, elle (au Lac Mégantic, Qc), recevait des coups de règles sur les doigts comme mesure de reproche, pour une faute quelconque ou une simple inattention. Dans ce temps là, le prof, où le prêtre... représentait l'Autorité avec un grand A. T'écoutes ou on te frappe! Tu fais pas le bouffon longtemps, disons. Sauf que comme vous j'imagine, je trouve ça trop extrême, le châtiment corporel ("M'as t'en crisser une Soeur Suzanne, tu vas voir!").
Mais depuis que j'ai fait de la suppléance au Collège de Montréal (privée) et que je continue de fréquenter la jeunesse hormoneuse du secondaire en Nipponerie (public), cette observation me revient sans cesse à l'esprit: La balance a fait shaclack! D'un extrême, on est passé à un autre. Comme si la société, pris de remords, voulait émanciper la jeunesse à travers ses droits bien fondés et cela au dépend de toute responsabilité de leur part ou de tout bon sens minimum. Sérieux, parler quand un prof explique, non. C'est chiant, pis c'est insultant. Je viens de l'expérimenter aujourd'hui. Georgette qui se maquille avec son tit miroir ou qui s'épile les sourcils pendant une activité, non (je l'ai expérimenté aujourd'hui, mais elle s'appeleait Ryoko). Un élève qui te répond pas ou te regarde pas quand tu lui adresses la parole, c'est non.
Tsé on a tous eu un prof chiant (voire plursieurs), pourri et con, mais avec qui personne osait niaiser. Parce que tu savais que ça allait barder. ET putain que tout le monde l'haissait. Mais des fois, après avoir mis de l'effort dans ma préparation et après avoir tolérer beaucoup de choses, j'ai envie de devenir ce prof con et chiant. J'ai envie qu'ils trippent, qu'on trippe, mais ça dégénère automatiquement. D'où mon écoeurement.
J'en suis rendu à penser que le concept de prof a disparu. Il ne reste que des agents disciplinaires. La majorité vous le diront: 30% de matière 70% de discipline dans un cours. Bien sûr, il y a des exceptions, ceux pour qui ça glisse. D'un côté les tyrans et de l'autre, les "artistes", ceux qui ont compris que l'enseignement reste un art. Ceux qui nous ont marqué, dont on se rappelle quelques formules même 20 ans plus tard. Et je les envie, car ce sont ceux qui, non par la réprobation ou les menaces, mais par leur simple personnalité, leur charisme (et par vocation, par amour du métier surtout) réussissent à...enseigner. À faire entendre les mouches voler.
Moi je démissionne (au sens blogueux du terme),
S. devenu fasciste
Tuesday, December 19, 2006
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