Je saute les formules d'introduction parce que je vous en veux. Vous auriez pas pu me dire pendant tout ce temps que "démissionnaire" ça prend deux "n"?? Ça fait plus d'un an que je tiens ce blogue... C'est ben facile d'en changer le titre, mais pas l'adresse internet! Vous faites des Japonais de vous qui, par soit disante "politesse", préférez ne pas faire remarquer à votre hôte qu'il a de la moutarde aux bords des lèvres quitte à le faire passer pour un twit pendant toute la soirée devant les autres. Vraiment, je ne suis pas fier de vous.
Cela dit, bonsoir. Je viens de voir Les poupées russes, la suite de L'Auberge espagnole. Et oui, c'est une nouveauté dans les vidéo clubs nipppons. J'ai tout simplement savouré chaque séquence de ce film. D'un point de vue objectif, je l'ai trouvé très bien monté. Romain Duris est formidable, fidèle à lui-même, capable de jouer les insécures comme les hots avec de l'attitude (tendance je suis un rappeur et je fais des graffitis - dans d'autres films). Et au niveau subjectif, c'était une claque personnelle. Je pense à ce moment précis où le protagoniste se pose les mêmes ultimes questions que moi, presque mot pour mot, une après l'autre, sur l'amour. Et je pense à cette attitude malsaine qui consiste à fantasmer sur l'être idéal que l'on attend vainement pendant que l'on se satisfait de rencontres éphémères pour le thrill ou pour l'égo. Tant qu'à y être... Mais, comme le travail, le "temporaire" peut durer longtemps, s'accumuler hors de tout repère... Et l'on se retrouve à l'aube de la trentaine, en dandy désoeuvré, incapable de se sacrifier ni de discipliner les caprices de son coeur.
J'espère que ma réflexion ira au-delà de ce blog (je parle pour moi bien sûr). Car je sais bien qu'après avoir été conquis par un film on veut transformer sa vie. Comme après avoir vu Amélie Poulain on veut avoir le coeur sur la main. On veut courir dans les rues en célébrant la vie.Mais ça ne dure pas. On retourne dans son quotidien et reviennent les bad habits. C'est comme quand je me dis "Ok, j'arrête ceci cela". Alors maintenant, c'est encore pire. J'ose même plus penser le mieux... J'en suis rendu à me méfier même de mon propre enthousiasme alors qu'avant je ne craignait que l'arrivée du découragement.
Est-ce cela le juste milieu? Ni joie, ni peine...Un simple constat froid de sa condition. J'écoule les jours avec la froideur d'un comptable qui les recense. Mais je ne peux m'en empêcher: Espérer que j'irai mieux. C'est plus fort que moi. C'est sûrement bon signe. À moins que ce ne soit qu'une duperie de la biologie, par un ineffable procédé chimique au niveau de la glande sérénale, afin de sauvegarder l'espèce à travers l'un de ses représentants.
S.
Saturday, December 09, 2006
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